" Entre Vous et moi "
En ce merveilleux jardin, havre de paix, de tranquillité et de fraîcheur, je vous invite à prendre le temps de vous asseoir sur ce banc - lieu idéal pour écouter et partager des
confidences - et à parcourir ce que j'ai écrit pour vous et moi en toute sincérité dans ce blog , avec mon âme, mon coeur, mon esprit et mon désir de vous faire partager
mes coups de coeur, mes coups de colère, mes passions, mes révoltes, mes réflexions et mes interrogations sur mes sujets favoris. Et surtout n'hésitez pas à me laisser des commentaires ou à
m'envoyer un mail.
Eliane PERUS
Jardin MAJORELLE - MARRAKECH .
Photographie Eliane PERUS
J'ai voulu vous faire partager cette analyse
d'André GRJEBINE, directeur de recherche à Sciences Po et au Centre d'études et de recherches internationales (CERI). qui a été publiée dans le journal "Le Monde" d'aujourd'hui.
"Selon l'interprétation qui sera donnée et que lui-même donnera à son succès, l'élection de Barack Obama risque de conduire au durcissement redouté du choc des
civilisations aux Etats-Unis et dans le reste du monde ou, au contraire, à une avancée spectaculaire de la société ouverte, qui rejette les crispations et les dogmatismes ethniques, religieux ou
idéologiques.
Du fait même de leur formation, les Etats-Unis ont toujours symbolisé le mélange
des races et des cultures. Le melting pot a pourtant tardé à s'imposer, si ce n'est dans les discours. La société américaine s'est longtemps caractérisée, non seulement par la
ségrégation des Noirs, mais également par les situations inférieures dévolues aux immigrants récents, juifs, Italiens, Polonais, Russes, Mexicains. Elle a commencé à sortir de cette première
impasse dans les années 1960.
A la segmentation autoritaire et hiérarchisée a alors succédé une segmentation
acceptée : les frontières des communautés n'ont plus été imposées, mais consenties, sinon revendiquées. A l'enfermement a succédé le repli sur soi. Des slogans comme "Black is
beautiful", des groupes comme les Black Panthers, des leaders comme Louis Farrakhan ou le pasteur Jesse Jackson ont symbolisé ce repli identitaire.
L'élection de Barack Obama n'a été possible que parce qu'une majorité
d'Américains a réussi à sortir des impasses du racisme et du communautarisme. Les tendances à la segmentation du tissu social ont encore de nombreux partisans. Le succès d'Obama montre qu'elles
n'ont plus le vent en poupe. Rien ne prouve cependant qu'elles ont été définitivement extirpées, et des erreurs de jugement peuvent provoquer leur retour en force.
Si l'élection d'Obama est perçue comme une revanche des Africains-Américains, voire l'arrivée à la Maison Blanche d'un représentant des Damnés de la terre. Si en politique intérieure ou dans sa gestion des crises internationales, en particulier du conflit du Moyen-Orient et des relations avec l'Iran ou le monde musulman, il ne parvient pas à résister à la tentation de devenir le porte-parole des sociétés fermées qui se morfondent dans le dogmatisme et la pauvreté.
LE DROIT D'ÊTRE OPTIMISTE
S'il cède aux pressions intérieures et extérieures des partisans de la fermeture et ne rompt pas avec certaines influences douteuses comme celle de son ancien pasteur Jeremiah Wright, alors le président Obama encouragera de facto les minorités et les peuples déshérités à s'enfoncer dans le cercle vicieux de l'échec et du ressentiment. Un mandat commencé dans l'enthousiasme des minorités noires, hispaniques, jeunes s'achèvera dans l'exaspération des conflits interethniques et interculturels.
On est pourtant en droit d'être optimiste. Toute la campagne de Barack Obama a
été fondée sur son identification à l'Amérique dans son ensemble et sur son refus des communautarismes.
Son succès n'est pas celui d'une minorité, mais celui du rejet d'une Amérique
composée de minorités juxtaposées et hostiles les unes aux autres. Il marque le triomphe du métissage à la fois ethnique et culturel face à toutes les fermetures. Barack Obama peut donc
s'affirmer comme celui qui personnifie la société ouverte. Ses origines le prédisposent, plus que d'autres, à être entendu s'il parle en son nom.
Par son exemple et sa parole, il pourra témoigner de l'universalité et de
l'incomparable efficacité d'une telle société devant des peuples que des dirigeants corrompus et autocrates et des mouvements fondamentalistes condamnent au sous-développement. L'enjeu est de
taille. Le paradoxe de M. Obama, c'est qu'il favorisera d'autant mieux le métissage culturel qu'il ne s'enfermera pas sur ses origines ethniques, mais s'attachera au contraire à défendre la
société ouverte qui vient de l'élire."
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